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L’église Saint-Leu-Saint-Gilles (1319-1858)

Rue Saint-Denis

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L’église Saint-Leu-Saint-Gilles en bordure de la rue Saint-Denis

L’église Saint-Leu-Saint-Gilles est bâtie en bordure d’une ancienne voie royale, dans un quartier qui comptait, au Moyen-Âge, de nombreux établissements religieux. Sa construction est liée à l’abbaye bénédictine Saint-Magloire qui avait, au XIIe siècle, quitté l’île de la Cité pour la rue Saint-Denis, et attiré une population croissante venue travailler la terre. En 1235, une petite chapelle, dédiée à saint Gilles, fut ainsi élevée pour ces fidèles regroupés au « Bourg l’abbé ».

La petite chapelle se révéla rapidement insuffisante après l’installation de nombreux artisans dans les rues avoisinantes. Menaçant ruine, elle fut, en 1319, remplacée par une église plus vaste sous le double vocable de « Saint-Leu (pour saint Loup, évêque de Sens)-Saint-Gilles ».

 

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La façade principale

La façade principale de l’église Saint-Leu-Saint-Gilles a été modifiée à plusieurs reprises, notamment sous la Restauration. Elle fut tardivement libérée des échoppes qui encadraient, jusqu’en 1845, l’entrée principale.

Précédée d’une grille de fer, la façade s’articule aujourd’hui autour d’une porte rectangulaire, pratiquée entre les fines colonnettes des ébrasements et les voussures d’un portail gothique. Cette porte est surmontée d’un gâble aveugle, simplement décoré d’une rosace, qui se détache sur un massif de maçonnerie.

En retrait, le second registre ménage un passage à balustrade décorée d’entrelacs : ce passage relie les deux tours-clochers, qui furent remaniées avant 1830, et reconstruites en 1848. Couronné d’un fronton pointu, l’étage se compose d’une baie, surmontée d’un arc brisé, servant de support au cadran d’une horloge.

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Le tympan de la porte

Au-dessus de la porte d’entrée, l’inscription latine « DOMUS DEI ET PORTA CŒLI » renvoie à un passage de l’Ancien testament : « Jacob s’étant endormi fit un songe où il voyait une échelle qui menait jusqu’au ciel ; des anges le parcouraient dans les deux sens. En s’éveillant, il s’écria : c’est ici, la maison de Dieu et la porte du Ciel ! » Le symbole de la Trinité, marqué du nom de Dieu en lettres hébraïques, est également appliqué sur le tympan.

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La nef

L’église Saint-Leu-Saint-Gilles comprend une nef dépourvue de transept, flanquée de bas-côtés et de chapelles latérales. Cette nef donne accès au chœur, entouré d’un déambulatoire qui desservait autrefois trois chapelles rayonnantes. La voûte du vaisseau principal n’est pas entièrement appareillée : en effet, les premières travées, situées près de l’entrée, étaient à l’origine couvertes d’une charpente apparente.

L’état actuel de l’édifice résulte, à vrai dire, de plusieurs reconstructions et remaniements intervenus aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. En 1611, le chœur fut reconstruit dans le style gothique. Ceint d’arcades plus étroites et très élancées, il jaillit désormais au-dessus des voûtes de la nef.

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En empruntant la rue du Cygne, le promeneur peut facilement distinguer la toiture du chœur, dont le pignon domine nettement la toiture de la nef et toutes les autres parties de l’édifice.

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Le bas-côté sud, vue tournée vers l’entrée

En 1727, on consolida les bas-côtés, qui faiblissaient sous le poids de la maçonnerie, par le moyen de pilastres surajoutés aux anciens. A la même époque, la charpente apparente des premières travées de la nef fut masquée sous des voûtes en plâtre imitant celles en pierre.

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La crypte

En 1780, après la destruction de leur église, les chevaliers de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre choisirent de tenir chapitre et de célébrer des offices à Saint-Leu-Saint-Gilles. Ils confièrent à l’architecte Charles de Wailly d’aménager une crypte sous le chœur de l’église, ce qui rendit nécessaire de surélever le maître-autel au-dessus du niveau de la nef. L’architecte imagina un petit sanctuaire coiffé d’une voûte surbaissée, portée par huit colonnes cannelées.

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Dans ce petit sanctuaire, accessible au moyen d’escaliers latéraux, les chevaliers du Saint-Sépulcre déposèrent un gisant (XVe-XVIe siècles ?) et quelques tableaux provenant de leur ancienne église. Le gisant représente le Christ dans son tombeau, après sa crucifixion. Il est allongé sur un linceul et ses mains sont jointes.

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Le chœur et les anges adorateurs du maître-autel

Sous la Révolution, l’église Saint-Leu-Saint-Gilles devint un dépôt de salaisons pour les charcutiers du quartier. Rendue au culte à la faveur du Concordat, elle reçut, en 1819, les reliques de sainte Hélène, vénérées autrefois à l’abbaye d’Hauvilliers, près d’Épernay, que les chevaliers du Saint-Sépulcre déposèrent dans la crypte.

Le sanctuaire de l’église fut probablement réaménagé à la suite de cet événement : le maître-autel prit alors place au sommet d’un escalier en pierre de neuf degrés qui embrasse toute la largeur du chœur en formant un hémicycle. Les huit piliers du chœur reçurent huit statues de saints, disposées sur des culs-de-lampe sculptés et protégées par de petits dais gothiques : elles représentent saint Leu, saint Paul apôtre, saint Charles Borromée, saint Augustin, saint Gilles, saint Pierre apôtre, saint Vincent de Paul et saint Jean Chrysostome.

Des escaliers latéraux permettent en outre d’accéder directement au maître-autel, à partir du déambulatoire. De cet endroit, le fidèle distingue plus facilement les deux anges adorateurs placés de part et d’autre du tabernacle.

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Le raccordement du chœur à la nef

Depuis le déambulatoire, le fidèle peut apercevoir, en levant les yeux, le balcon à balustrade qui surplombe le chœur. Décoré de deux anges en prière, ce balcon embrasse toute la largeur de l’édifice et précède le raccordement du chœur à la nef, dont la hauteur est moindre. Dans le mur du fond, une porte permet d’accéder à la charpente masquée par les voûtes sur croisées d’ogives.

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Le chevet, vu depuis le trottoir opposé du boulevard de Sébastopol

Entre 1857 et 1861, le percement du boulevard de Sébastopol modifia considérablement l’aspect de l’église Saint-Leu-Saint-Gilles. Il entraîna la démolition des chapelles du chevet, entreprise par l’architecte Etienne-Hippolyte Godde et poursuivie par Victor Baltard, qui le remplaça, en 1858, par un mur plat de style néo-Renaissance.

Ce mur couvert en terrasse et couronné d’une balustrade en pierre, enserre, au nord, l’une des façades latérales et, à l’est, l’arrière de l’église. Les figures des deux saints patrons dominent la composition, face au boulevard nouvellement construit.

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Des reliefs à sujet narratif ornent les tympans des portails secondaires de Saint-Leu-Saint-Gilles. Au milieu, compris entre deux pilastres, un relief représente Marie Madeleine et deux femmes au Saint Sépulcre, avec les urnes à parfum destinées à embaumer la tombe de Jésus. Des motifs de palmettes et de fleurs épanouies, ainsi que des têtes d’angelots, agrémentent les bandes lombardes et le chapiteau des pilastres servant de décoration.

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La nef et le déambulatoire, remaniés au XIXe siècle ; une tête d’angelot décorant l’entrée d’une chapelle latérale, dans le bas-côté nord

A l’intérieur de l’église, le déambulatoire s’apparente désormais à un couloir étroit, bordé d’arcades aveugles, dont la partie cintrée présente une peinture, et de fenêtres hautes simplement vitrées ou ornées de vitraux. Les têtes ailées d’angelots servant de base aux colonnettes des piliers bordant la nef remontent également aux remaniements du milieu du XIXe siècle. Quant aux têtes d’angelots qui décorent l’entrée de certaines chapelles latérales, elles sont sensiblement différentes et sont peut-être plus anciennes.

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L’Éducation de la Vierge ou Sainte Anne et la Vierge, vers 1530, marbre, hauteur : 132 cm, Paris, église Saint-Le–Saint-Gilles

Présente, dès le XVIe siècle, dans la chapelle du château d’Écouen, alors résidence du connétable Anne de Montmorency, cette statue, attribuée à Jean Bullant, fut envoyée au musée des Monuments Français à la fin du XVIIIe siècle et offerte, en 1801, à l’Impératrice Joséphine pour orner les jardins du château de Malmaison. Elle fut transférée dans l’église Saint-Leu-Saint-Gilles à une date inconnue, probablement au XIXe siècle. 

Elle représente la mère de la Vierge tenant un livre dans la main droite, et soulevant le pan de son manteau de la main gauche. Elle s’apprête à éduquer sa fille, qui se tient debout et qui lui tend un fruit.

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La verrière du bas-côté sud : l’arbre de Jessé

Entre 1875 et 1880, le peintre-verrier Henri Chabin composa les vitraux à sujet narratif de l’église Saint-Leu-Saint-Gilles. Il décora les grandes fenêtres situées à l’extrémité ouest des bas-côtés, sur le revers de la façade principale, celles des chapelles latérales et du déambulatoire. La verrière du bas-côté sud représente l’arbre de Jessé, qui détaille la généalogie de Jésus, représenté enfant, dans les bras de sa mère.

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Parmi les auteurs des prophéties concernant la Vierge, David, deuxième roi d’Israël, fils de Jessé, est représenté avec son attribut habituel : la harpe.

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La verrière de la Genèse : Adam et Eve chassés du Paradis terrestre

Dans la première chapelle du bas-côté nord, Chabin composa la verrière de la Genèse, qui regroupe plusieurs scènes, de la Création du monde à Adam et Eve chassés du Paradis par l’Archange Michel.

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La chapelle capitulaire de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre, ancienne chapelle des Fonts baptismaux

   Dispersés après la Révolution de 1830, les chevaliers du Saint-Sépulcre demeurèrent sans église capitulaire jusqu’en 1928. Cette année-là, ils obtinrent de l’archevêque de Paris d’être réintégrés « dans leur paroisse ancestrale de Saint-Leu-Saint-Gilles ». A cette occasion, la chapelle des fonts baptismaux, située à droite de l’entrée, dans le bas-côté sud, leur est concédée à titre de chapelle privative : les réunions du conseil du Chapitre, puis de la Lieutenance de France de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre se tiennent désormais dans cette chapelle capitulaire.     

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