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Les Halles centrales de Paris

cimetière innocents et marché halles

Guillaume Dheulland, d’après Jacques I Androuet du Cerceau (1510-1584)

Plan de Saint-Victor (détail du cimetière des Innocents et du marché des Halles), 1756-57, copie du plan dessiné par Androuet du Cerceau vers 1552, BNF, Cartes et Plans

L’histoire de ce vaste marché remonte à la décision, prise par Louis VI, de transférer, en 1137, le marché Palu (île de la Cité) et le marché central (place de Grève), au croisement de trois voies importantes (les rues Saint-Denis, Montmartre et Saint-Honoré). En 1181-83, Philippe Auguste lui donna une nouvelle ampleur  : le souverain acheta en effet la foire Saint-Ladre ou Saint-Lazare, pour la transférer à l’emplacement des Halles actuelles.

Au marché des Halles, les Parisiens trouvaient les denrées essentielles (viandes, pain et vin), mais aussi du textile, des chaussures, de la mercerie aux environs de la rue de la Grande-Friperie. Au fil du temps, le marché ne cessa de s’agrandir ; de nouveaux bâtiments furent édifiés.

plan jaillot 1762

B. Jaillot

Plan de la ville de Paris et de ses faubourgs dédié au roi (détail du cimetière des Innocents, des Halles et de la nouvelle halle aux blés), corrigé et augmenté en 1762, BNF, Cartes et Plans

En 1543, François Ier décida la reconstruction des halles. Jusqu’en 1572, des maisons comprenant, au rez-de-chaussée, des portiques ou galeries couvertes, connus sous le nom de « piliers des Halles », furent bâties. En 1762, Nicolas Le Camus de Mézières édifia la Halle aux blés, dont la coupole fut reconstruite, en 1812, par François-Joseph Bélanger.

marché des innocents peinture

Jean-Charles Tardieu (1765-1830)

Une scène du marché des Innocents à Paris, début XIXe siècle, huile sur toile, Paris, musée du Louvre

Entre 1780 et 1789, un marché aux fleurs, fruits et légumes occupa peu à peu l’emplacement du cimetière des Innocents, fermé en 1780 et vidé six ans plus tard.

les halles de baltard

Victor Baltard (1805-1874)

Les Halles Centrales de Paris; vue perspective à vol d’oiseau, vers 1863, gravure imprimée, Berlin, Staatsbibliothek

Au XIXe siècle, la présence des Halles centrales de Paris, au cœur de la capitale, posa le problème de la circulation et de l’hygiène. Une réorganisation de ses bâtiments parut indispensable. En 1848, un concours d’architecture fut lancé et remporté par Victor Baltard. En 1854, après quelques hésitations stylistiques, Baltard proposa d’édifier douze pavillons couverts de vitrage avec des parois en verre et des colonnettes en fonte.

Ces pavillons furent regroupés en deux groupes séparés par une rue centrale à ciel ouvert située au niveau du chevet de l’église Saint-Eustache, chacun des six pavillons des deux groupes étant réunis entre eux par des rues couvertes. Entre 1852 et 1870, dix pavillons furent construits. Deux autres pavillons furent achevés en 1936.

marché des innocents

Theodor Hoffbauer (1839-1922)

Marché des Innocents en 1855, 1875-1882, lithographie en couleur, Brown University Library

La construction des Halles de Baltard condamna le marché des Innocents, devenu inutile, remplacé par un square aux dimensions plus restreintes, similaires à celles d’aujourd’hui.

Emile Zola

Le Ventre de Paris (1873)

[Portraits des Halles de Baltard -extraits]

DSCF4331

Léon Lhermite (1844-1925)

Les Halles, 1895, huile sur toile, 404 x 635 cm, Paris, Petit Palais

« Mais ce qui le [Florent] surprenait, c’était, aux deux bords de la rue, de gigantesques pavillons, dont les toits superposés lui semblaient grandir, s’étendre, se perdre, au fond d’un poudroiement de lueurs. Il rêvait, l’esprit affaibli, à une suite de palais, énormes et réguliers, d’une légèreté de cristal, allumant sur leurs façades les milles raies de flammes de persiennes continues et sans fin. Entre les arêtes fines des piliers, ces minces barres jaunes mettaient des échelles de lumière, qui montaient jusqu’à la ligne sombre des premiers toits, qui gravissaient l’entassement des toits supérieurs, posant dans leurs carrure les grandes carcasses à jour de salles immenses, où traînaient, sous le jaunissement du gaz, un pêle-mêle de formes grises, effacées et dormantes. Il tourna la tête, fâché d’ignorer où il était, inquiété par cette vision colossale et fragile ; et comme il levait les yeux, il aperçut le cadran lumineux de Saint-Eustache, avec la masse grise de l’église. Cela l’étonna profondément. Il était à la pointe Saint-Eustache. »

Les Halles centrales de Paris dans Marchés halles-centrales

Charles Marville (1813-1879)

Les Halles centrales, vue intérieure, vers 1874, photographie, Paris, Bibliothèque Historique de la Ville de Paris

« Une lueur claire, au fond de la rue Rambuteau, annonçait le jour. La grande voix des Halles grondait plus haut ; par instants, des volées de cloche, dans un pavillon éloigné , coupaient cette clameur roulante et montante. Ils [Claude et Florent] entrèrent sous une des rues couvertes, entre le pavillon de la marée et le pavillon de la volaille. Florent levait les yeux, regardait la haute voûte, dont les boiseries intérieures luisaient , entre les dentelles noires des charpentes de fonte. Quand il déboucha dans la grande rue du milieu, il songea à quelque ville étrange, avec ses quartiers distincts, ses faubourgs, ses villages, ses promenades et ses routes, ses places et ses carrefours, mise tout entière sous un hangar, un jour de pluie, par quelque caprice gigantesque. L’ombre, sommeillant dans les creux des toitures, multipliait la forêt des piliers, élargissait à l’infini les nervures délicates, les galeries découpées, les persiennes transparentes ; et c’était, au-dessus de la ville, jusquau fond des ténèbres, toute une végétation, toute une floraison, monstrueux épanouissement de métal, dont les tiges qui montaient en fusée, les branches qui se tordaient et se nouaient, couvraient un monde avec les légèretés de feuillage d’une futaie séculaire. »

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Léon Lhermite

Les Halles (détail), 1895, Paris, Petit Palais

« Le cadran lumineux de Saint-Eustache pâlissait, agonisait, pareil à une veilleuse surprise le matin. Chez les marchands de vin, au fond des rues voisines, les becs de gaz s’éteignaient un à un, comme des étoiles tombant dans de la lumière. Et Florent regardait les grandes Halles sortir de l’ombre, sortir du rêve, où il les avait vues, allongeant à l’infini leurs palais à jour. Elles se solidifiaient, d’un gris verdâtre, plus géantes encore, avec leur mâture prodigieuse, supportant les nappes sans fin de leurs toits. Elles entassaient leurs masses géométriques ; et quand toutes les clartés intérieures furent éteintes qu’elles baignèrent dans leur jour levant, carrées, uniformes, elles apparurent comme une machine moderne, hors de toute mesure, quelque machine à vapeur, quelque chaudière destinée à la digestion d’un peuple, gigantesque ventre de métal, boulonné, rivé, fait de bois, de verre et de fonte, d’une élégance et d’une puissance de moteur mécanique, fonctionnant là, avec la chaleur du chauffage, l’étourdissement, le branle furieux des roues. » 

ancien forum halles

Le forum des Halles de Jean Willerval

En 1960, la décision de transférer le marché des Halles à Rungis condamna cette fois-ci les Halles de Baltard. Ce transfert eut lieu neuf ans plus tard. La démolition des pavillons, un temps repoussée, se déroula finalement en 1973. Une seule halle fut sauvée de la démolition : celle abritant le marché aux œufs et à la volaille, démontée et remontée à Nogent sur Marne.

D’importants travaux de restructuration du quartier s’engagèrent, avec la perspective de créer en sous-sol la gare ferroviaire de « Châtelet-les-Halles » du réseau express régional (RER) et ses correspondances avec plusieurs gares du métropolitain. Le projet de centre commercial (le « forum ») donna lieu à des vues divergentes ; un premier projet ayant été validé par le Président Giscard d’Estaing, puis rejeté par le maire de Paris Jacques Chirac. Celui-ci choisit, en 1975, Jean Willerval pour l’édification de l’architecture de surface, caractérisée par ses fameux « parapluies ». Le centre commercial fut inauguré en 1979 et le forum, en 1983. En 1986, Louis Arretche procéda à l’aménagement des jardins des Halles de Paris.

canopée des halles

L’intérieur de la Canopée des Halles

Plus de 30 ans après son ouverture, le site des Halles dut être restructuré et modernisé en raison de la forte fréquentation des lieux, du vieillissement des structures et des matériaux employés pour la construction du forum, et de l’évolution des normes de sécurité. En juillet 2007, les architectes français Patrick Berger et Jacques Anziutti remportèrent le projet du futur « carreau des Halles » : ils sont les concepteurs de la canopée, qui se dressent désormais devant un vaste quartier piétonnier et un nouveau jardin.

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